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Rencontre avec Guilhem, un des machinistes des nouvelles stars de Toulouse !

8 novembre 2018

Rencontre avec Guilhem, un des machinistes des nouvelles stars de Toulouse !

Tu as adoré les machines et le spectacle ultra poétique ancré dans le mythe d’Ariane ? Nous aussi ! Et pour prolonger la magie, on a eu envie de rencontrer les hommes derrière les machines venues enchanter notre quotidien.
Ou plutôt l’un d’eux, Guilhem.

Tu as pu voir Guilhem, avec sa gueule de grand enfant malicieux, à la manœuvre de la patte avant gauche de l’araignée Ariane.

On peut voir à son air concentré que la manœuvre demande un bel effort. Il faut dire que chaque patte, qui fonctionne un peu comme un bras de pelle mécanique, pèse une tonne. Il faut donc du doigté.

Nous avons pris le temps de papoter avec Guilhem parce qu’il est aussi de ceux qui donnent vie aux visions poétiques de François Delarozière, à la tête de la Compagnie la Machine.

Guilhem est tombé dans le ventre des machines quand il était petit. Gamin, on lui avait offert une mobylette qui a pu rouler 30 minutes avant qu’il ne la démonte et la remonte entièrement pour comprendre comme fonctionnait la pauvre bête.

À 15 ans, il fabrique une voiture à 3 roues avec son frangin. Mais si, tu vois, un genre de voiture de course anglaise avec un museau large et un fond étroit. Il atterrit après le lycée en école d’ingé à Toulouse, à l’ICAM, dans une formation en alternance. Manquant de liberté, il a fini par s’en échapper.

Après avoir travaillé un temps dans un bureau d’études, il décide d’ouvrir son propre atelier, qu’il partage avec un copain. Il peut y donner libre cours à son kif pour la mécanique. Il fabrique des pièces à la demande pour différents interlocuteurs, notamment pour le cinéma. Il a par exemple fabriqué des accessoires de tournage pour « Le peuple migrateur », puis plus tard pour « Océans », réalisés par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

Comme il répond aux besoins d’une clientèle à la recherche d’un boulot pointu et artisanal, il est vite repéré par le milieu du spectacle. Il commence à travailler pour la compagnie de théâtre de rue Royal Deluxe, troupe emblématique créée à Aix-En-Provence en 1979 et basée à Nantes depuis 1989, après avoir squatté un temps un château près de Toulouse. La compagnie se décrit comme « compagnie d’inventeurs, cascadeurs, ferrailleurs et poètes tout à la fois » et s’inscrit dans la reconquête de la rue et du quotidien par le merveilleux et les arts du spectacle.

Guilhem travaille ainsi pour la Machine, branche construction du Royal Deluxe créée en 1999, devenue indépendante il y a quelques années. De fil en aiguille, Guilhem est intégré à la bande des machines, et revend ses parts de son atelier pour venir bosser à l’Usine à TournefeuilleL’Usine, si tu ne connais pas, c’est le 14ème Centre national des arts de la rue et de l’espace public, qui a accueilli la troupe depuis sa création. Tu peux découvrir le lieu et les spectacles proposés ici.

C’est dans ce cadre qu’il participe à la conception et à la réalisation de la mécanique qui donne vie à la « Petite Géante » que l’on voit s’animer à Nantes, puis ailleurs.

crédits :  M’zelle Hirondelle

Guilhem accompagne la troupe et l’araignée pour les spectacles au « Channel » à Calais, « Les Mécaniques Savantes » à Liverpool, à Reims, « Longma Jing Shen – L’esprit du Cheval Dragon » à Pékin, à Ottawa et bien sûr à Nantes ! Travailler pour le monde du spectacle est un vrai défi, car les « architectures vivantes », comme les appelle François Delarozière, doivent pouvoir incarner l’intention du metteur en scène.

Au quotidien, il participe bien sûr aux réparations des machines qui demandent un entretien attentif entre les représentations.

Parce que l’envers du décor du Gardien du Temple c’est le boulot énorme d’environ 150 intermittents du spectacle (qui ont conçu le spectacle, du scénario aux détails des machines en passant par la musique et les effets), mais aussi d’une bonne centaine de bénévoles qui assurent le passage des machines, sans compter la mobilisation du personnel qui assure la sécurité de la manifestation.

En parallèle de sa participation à la Machine, Guilhem met son savoir-faire et son imaginaire au service d’autres projets. Il a par exemple fabriqué l’astronaute animé que tu as pu admirer à la Cité de l’Espace.

Il participe également au projet du Quai des Petits porté par le Muséum d’Histoire Naturelle, qui ouvre ses portes le 10 novembre, dans le cadre duquel il a conçu des mécaniques pour faire découvrir les sciences aux enfants. Il collabore également à des projets artistiques, par exemple pour l’artiste compositeur et plasticien Céleste Boursier-Mougenot.

Et pour partager son expérience des machines et de la mise en scène, il encadre des étudiants de l’ICAM, intervient à la fac d’Arts Appliqués et à l’ENSAV où il donne des cours d’infographie.

On a hâte de découvrir la suite de ses créations !

En attendant, vous pouvez retrouver l’araignée Ariane et Astérion le Minotaure à la Halle de la Machine du 9 au 11 novembre pour l’inauguration de la Halle.

Pour en savoir plus, c’est par là !


Curieuse, incorrigible gourmande, instageek endiablée, à la recherche de bonnes adresses et de belles histoires à partager !