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Sarah Johnson, l’artiste qui voit l’humain autrement

25 avril 2018

Sarah Johnson, l’artiste qui voit l’humain autrement

Sarah Johnson est le genre de pépites que j’ai aussitôt envie de faire connaître au plus grand nombre. Avec ses textes aussi originaux qu’attendrissants et sa voix sublime qui vous saisit instantanément, voici le portrait d’une artiste à laquelle l’on peut difficilement rester insensible.

Sarah a baigné dans la musique depuis la maternelle avec des cours au Conservatoire de Région et c’est dès l’âge de 12 ans qu’elle écrit ses premières compositions « J’ai commencé par composer des chansons en anglais. C’était pour moi une manière de pouvoir exorciser pendant l’adolescence, avec des thèmes classiques : amour, relation aux parents, pression scolaire… ». Sa première chanson en français, elle l’écrit à 14 ans, avec les Princesses, où elle se met à la place de Roland, qui doit faire un choix entre toutes les princesses Disney.

Elle a seulement 16 ans quand elle se produit sur sa première scène, devant 400 personnes ! « J’avais chanté une de mes compos à mon prof de musique de lycée et il m’a fait passer sur scène lors d’un événement à Mayotte (où elle résidait à l’époque, ndlr). A la fin de ma chanson, il y a eu un temps de latence, puis tout le monde s’est levé ! » Ne serait-ce pas le moment de ce fameux déclic ? « Complètement, ça a été très émouvant de se rendre compte que ce qu’on écrit et compose devient universel, qu’on arrive à transmettre aux autres son propre ressenti ».

Depuis, Sarah Johnson, qui a 24 ans maintenant, est remontée sur les scènes du pays basque et de Toulouse et a sorti un premier EP l’an dernier « Mon EP bilingue », avec des compositions… en anglais et en français (vous ne vous y attendiez pas du tout, je sais bien). Dans cet EP et sur ses compositions en général, on remarque une tendance à chanter des histoires en français, et davantage évoquer les sentiments en anglais.

Crédits : NFCA Pictures

On a toujours envie de poser cette question clichée, à prononcer avec un ton grave et profond : « Est-ce que chanter en anglais est une manière de moins vous dévoiler, de vous protéger ? »  Ce à quoi la chanteuse rétorque « C’est très inconscient en fait. L’anglais est une langue qui chante naturellement, qui donne une liberté. Je suis assez pudique dans la vie de tous les jours, c’est dur de poser des mots sur ce que l’on ressent. Par exemple, l’amour, il y a plusieurs sortes d’amour, plusieurs amours dans une vie… En anglais, je travaille davantage les mélodies : la musique apporte ce plus que les mots ne peuvent pas apporter. »

Certaines chansons qu’elle qualifie de « comptines pour adultes » plutôt que de chansons à humour noir racontent le point de vue des personnes dont on a tendance à se moquer, voire à diaboliser. Il y a Gaston, ce candidat de l’Amour est dans le Pré en quête d’une femme qui « s’entende bien avec maman », Renaud, le frotteur du métro, ou encore Alain le nain, désespéré après l’interdiction du « jeté de nains », discipline dans laquelle il trouvait un sens à sa vie.

« J’avais étudié cette loi en cours de droit. Cette discipline est forcément un traitement inhumain et dégradant. Mais c’est un thème qui m’a bouleversée, car il traitait aussi du problème des handicapés dans le milieu du travail. »

« C’est plus facile de juger quand on appréhende ces gens de façon brute. Je veux que ces chansons parlent de l’humain qu’il y a derrière, comprendre ce qu’ils ressentent réellement. »

On imagine donc la chanteuse très observatrice et empathique. Mais d’où vient toute cette inspiration ? « D’un peu de partout ! J’aime aborder des sujets dont on n’a pas l’habitude, même si tout ça n’est pas très conscient. Mon dernier texte, je l’ai écrit en regardant un post Facebook où on annonçait la fermeture du dernier cinéma porno de Paris. Ca m’a donné envie d’écrire une chanson sur le gérant.

C’est aussi par le biais de mon travail dans les centres aérés que je trouve des idées, comme pour la chanson Quand je serai grande : j’ai rencontré des enfants qui m’ont inspirée ! Concernant les artistes, je suis très fan de Gierdré, même si je ne pourrais pas faire ce qu’elle fait. Je considère que je me rapproche plus du style d’Oldelaf ».

Sarah Johnson fait également partie des stagiaires du Labo Chansons d’Astaffort, créé par Francis Cabrel. « C’est un accompagnement très enrichissant. On y rencontre des auteurs, des compositeurs avec lesquels on se mélange pour composer à plusieurs. On a des interventions de professionnels qui nous soutiennent et nous orientent dans notre projet artistique. Cette année, nous sommes parrainés par Christophe Maé »

Avec ce talent d’écriture, je lui demande si elle a déjà pensé à d’autres formats que les chansons. « J’écris des scénarios de films. Quand j’étais petite, j’écrivais la suite des séries en m’incluant dedans. Des clips vont arriver, ce qui va me permettre de mettre mes idées à profit ! » .

Crédits : NFCA Pictures

Et pour les projets futurs ? « Je vais jouer prochainement à la Luna Negra à Bayonne et à Dax. J’enregistre aussi en studio depuis quelques mois, avec d’autres instruments que guitare et voix et un univers propre à chaque chanson. Et je vais faire mes premières chroniques sur France Bleu Pays Basque, j’ai hâte ! »

Nous aussi on a hâte Sarah, on a hâte ! En attendant, Sarah Johnson sera ce jeudi 26 avril à l’Usine à Musique à Toulouse, avec l’excellent Monsieur Tristan en première partie. Et c’est gratuit !

Sarah Johnson est sur le web, sur Facebook, YouTube

Event
L’Usine à Musique, 31200 Rue Louis Bonin

Crédits Photo couverture : NFCA Pictures

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Toujours à l'affût de nouvelles découvertes, j'aime écouter les créateurs en tous genres me raconter leur histoire ! Dingue de fromage et groupie assumée, je sais aussi rapper, mais uniquement sur La Tribu de Dana.