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Moune, l’illustratrice qui mêle l’imaginaire à l’étrange

14 mai 2018

Moune, l’illustratrice qui mêle l’imaginaire à l’étrange

J’ai connu les dessins de Moune grâce au groupe de hip hop Skalski, que je vous avais présenté ici, parce qu’il se trouve qu’elle a dessiné la pochette de leur nouvel EP. Des dessins qui questionnent, teintés de noir, blanc et jaune, qui lui définissent une « patte » identifiable, et qui ne laissent pas indifférents. J’ai donc rencontré Mélissa, alias Moune !

Moon child 🌙

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D’où vient cet intriguant pseudo ?
Des dessins de lunes ! J’ai toujours aimé ce genre d’univers dans les dessins. J’ai francisé le nom et il me rappelle aussi ma grand-mère, que j’appelle Mamoune, dont je suis très proche.

Raconte-nous un peu ton parcours
J’ai toujours aimé dessiner. J’ai fait des études en art et en graphisme et une première année d’un master en médiation culturelle. J’ai abandonné sur la fin, car la fac était pas trop mon truc. Mes premiers dessins étaient surtout liés à des projets via l’école. Je faisais aussi des flyers pour des soirées underground, des trucs un peu darks. J’ai aussi bossé sur des fanzines et dans l’univers du DIY.

Tes dessins comportent tous la couleur jaune et noir et blanc. Peux-tu nous expliquer ce choix ?
Le noir et blanc m’a suivi car j’ai bossé sur un fanzine où les illustrations étaient basées sur le style photocopie. On avait des moyens réduits, et je ne travaillais pas trop la couleur. Il n’y a pas de symbolique particulière dans mon choix pour le jaune. J’aime surtout le contraste entre le jaune et le noir, je trouve que ça attrape le regard, c’est intéressant. Cette dualité est assez cool, ça peut déranger un peu, mais c’est lumineux. Et il n’y a pas de tonalité positive ou négative. J’ai essayé plein de choses, et je reviens toujours à ces couleurs, donc je les ai gardées. C’est aussi un moyen maintenant de reconnaître mon travail.

Comment tu t’y prends pour créer tes illustrations ?
La plupart du temps, je fais du dessin académique et ensuite je modernise avec des compos graphistes et des détournements d’images.

Il y a des thèmes qui reviennent souvent dans tes dessins, on voit souvent des visages, des serpents. Tu peux nous en dire plus ?
Il n’y a pas de message particulier, mais sur les visages, j’aime toujours ajouter quelque chose d’étrange, qui fait marcher l’imaginaire de celui qui les regarde. Je choisis toujours des choses qui ont du sens et de l’impact sur l’imaginaire des gens, lié aussi à ce qu’ils ont à la base comme culture dans la tête. Chaque nouveau dessin, c’est pour moi une petite fenêtre dans un grand univers, avec ses codes, des petits éléments qui se raccrochent entre eux.

Qu’est-ce que le dessin t’apporte ?
J’aime l’art qui exorcise un peu, c’est un bon remède. Tout le monde a des trucs obscurs en soi. C’est une manière de traduire les nœuds que t’as dans la tête, ça te permet d’évacuer.

Est-ce que ça peut te déranger que les gens n’interprètent pas tes dessins comme toi tu les as imaginés ?
Les gens ressentent toujours quelque chose de commun en général, ave les mêmes questions. Même si bien sûr, il y a des variations d’une personne à une autre. Ca fait partie du jeu, à partir du moment où tu exposes tes œuvres, elles ne t’appartiennent plus vraiment.

Tu dessines pas mal de femmes rondes, est-ce que ça fait partie d’un souhait de vouloir décomplexer les femmes ou de lutter contre les diktats de la minceur ?
Ce n’est pas vraiment militant. Je dessine tout type de femmes, je les trouve intéressantes, peu importe leur physique. Je m’inspire souvent de personnes réelles, ou que je trouve sur le net. Il y a toujours une base de photo.

Parle-nous de ton activité et tes collaborations.
J’ai fait pas mal de visuels pour des musiciens, des festivals ou des petites boîtes. En général, je demande aux gens de me laisser carte blanche, et je reste pas mal dans ce que je fais habituellement, même si bien sûr, j’adapte un minimum.

Quels sont les sujets qui t’inspirent le plus ?
L’enfance, la féminité, le conscient et l’inconscient, l’univers onirique… Ces thèmes ont des possibilités de déclinaisons infinies. Je suis aussi inspirée par le travail des autres, comme Guim Tio, qui fait beaucoup de paysages hyper déserts, j’adore. J’aime bien m’inspirer des projets que m’apportent les autres aussi, ça donne forcément des idées.

Des adresses fétiches à conseiller à Toulouse pour Bobby ?
J’aime aller au Mix’Art et au Pavillon Sauvage. Il y aussi cette marque de tee-shirt, Picole, sur lesquels des artistes de Toulouse et Bordeaux « posent » leurs œuvres.

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Toujours à l'affût de nouvelles découvertes, j'aime écouter les créateurs en tous genres me raconter leur histoire ! Dingue de fromage et groupie assumée, je sais aussi rapper, mais uniquement sur La Tribu de Dana.